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Julien Clément avait dix ans lorsqu'il a tapé ses premières balles au practice du Golf Club de Divonne, pendant que son père participait à une compétition. Connaissant la profession du "papa", éditeur dans le monde du golf, on pouvait penser que ce dernier le pousserait à partager la passion familiale pour ce sport. Il n'en est rien. Thierry Clément croyait que le tennis était la discipline favorite de son fils, qui excellait sur les courts...


Le chemin vers les sommets

Des débuts avec des fers de dames, tenus à mi-shaft...

Cette journée à Divonne a été décisive pour le jeune Julien. Quelque temps plus tard, il suppliait ses parents de l'emmener au driving-range du Golf d'Esery, proche de chez lui, où il prit sa première leçon avec Malcom Alisdair, son professeur jusqu'à son départ pour Maison Blanche quelques années plus tard. Qu'il pleuve, qu'il vente, l'enfant s'entraînait avec une détermination farouche. Petit par l'âge et par la taille (il a "poussé" d'un seul coup à 14 ans), il partait seul sur le 9-trous, avant de s'attaquer rapidement au 18-trous. Au début, personne ne voulait accompagner ce gamin qui jouait avec trois vieux clubs de dame, beaucoup trop grands pour lui. Tenant le shaft en son milieu, il avait toujours l'avant-bras blessé par le frottement du grip... Une manière de tenir les fers qui fit grincer des dents plus d'un joueur abonné aux leçons pour obtenir "le bon grip", geste de base placé en tête des "sept plaies du golf ". Il faut préciser que ces swings peu orthodoxes n'empêchaient pas Julien d'envoyer de longues balles, tout en souplesse, sans effort apparent.

Scratch à 15 ans

Si Thierry Clément constatait les progrès fulgurants de son fils avec beaucoup d'intérêt et une fierté légitime, il ne fut jamais question de placer le golf avant les études. Connaissant le monde impitoyable du professionnalisme, milieu où il est très difficile de se faire une place au soleil, il trouvait plus judicieux que Julien conserve, à l'âge adulte, le statut d'amateur de haut niveau, choisissant une carrière dans un autre domaine, l'édition, notamment... C'était sans compter sur la détermination du jeune golfeur. Cinq ans après avoir découvert le golf à Divonne, il obtient le superbe handicap de 0 et devient membre de l'Equipe Nationale Suisse, abaissant par la suite son hcp à +4, aidé dans ses efforts par Sandro Branca (son professeur), Graham Kaye (coach de l'équipe suisse) et l'Association Suisse de Golf. Parallèlement, il travaille d'arrache-pied à l'école, obtenant sa maturité, puis, après avoir étudié aux Etats-Unis, réussit les épreuves du "Test of English Foreign Language", en 2001, à l'Université de Genève. Ce parcours studieux explique ses résultats golfiques en dents de scie.

Un palmarès déja magnifique

Son premier coup d'éclat, Julien le réalise à 11 ans, à l'occasion du 2ème Beachcomber Trophy, à l'île Maurice. Lors du 1er tour, il finit avec 49 points stableford, ce qui lui offre le privilège de jouer le 2ème jour avec Jean Garaïalde, célèbre pro français. Avec un total de 92 en net, le junior, que les organisateurs jugèrent "plus sage" de mettre hors-concours, battit le vainqueur officiel de 12 points... Avec son père, qu'il accompagne souvent lors de ses voyages de presse, l'adolescent a la chance de découvrir des golfs de renom aux quatre coins de la planète et de jouer avec des pros, dont Costantino Rocca, sur les fairways corses de Spérone. Julien Clément, qui a fini 19ème au Championnat du Monde Junior 1998 (au Japon), a été en tête de l'Ordre du Mérite Boys de 1997 à 1999, année pendant laquelle il termina 2ème aux Internationaux de Belgique. En 2000, il devient champion suisse junior, puis, en 2001, champion de Suisse romande et 2ème au European Boys Team Championship. Pendant la saison 2002, il peut enfin se consacrer pleinement au golf et les excellents résultats s'enchaînent.

Qualifying School : L'exploit

L'année 2002 a également été marquée par un fait d'armes de Julien, qui a enthousiasmé le monde du golf helvétique. Avec un autre junior genevois (Raphaèel de Sousa), il s'était inscrit à la "Qualifying School" pour tenter son admission sur l'un des tours européens. Pendant ces joutes au sommet, il finit 5ème du premier stage de qualification, puis 7ème à l'issue du deuxième. Les choses devenant plus compliquées au fur et à mesure du déroulement des épreuves, avec une majorité de pros issus du Circuit PGA et du Challenge Tour, il se place en 32ème position lors de la finale de ce marathon golfique où seuls 39 élus sont qualifiés pour le Tour Européen (sur 168 inscrits, dont 77 ont passé le cut).

2003 : Entrée dans le monde des professionnels

Le jeune Suisse, qui a réussi un "hole-in-one" à 20 ans (avec un fer 6), sur un par 3 de 160 mètres du Inverary GC (Floride), et dont les meilleurs scores ont été réalisés sur les parcours d'Erlen (63, soit -8, record de parcours) et d'Almenara (64), battant également le record de parcours pro et amateur du Golf de Lausanne (-5), a fait son entrée dans l'univers professionnel avec le Dunhill Championship, en Afrique du Sud, du 16 au 19 janvier 2003. Il a passé le cut, une prouesse pour un premier tournoi PGA, mais a malheureusement perdu ses moyens ensuite à cause d'une allergie au pollen, affection qu'il soigne sérieusement aujourd'hui... Cette première confrontation a beaucoup marqué Julien, qui a conservé sa gentillesse et son humilité naturelles. Au "Masters", à Crans-sur-Sierre, lorsqu'il était enfant, il attendait les pros terminant leur partie (dont Nick Faldo, son idole), dans l'espoir de glaner un petit souvenir. En peu de temps, les rôles se sont inversés et il avoue avoir été ému par les gamins sud-africains qui lui reclamaient balle et autographe...

Texte écrit par Josette Serieyes, responsable de la rédaction Golf & Sports Event
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